GRIS Mauricie – Centre-du-Québec : un organisme en pleine expansion

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gris mauricie centre-du-québec Richard Senneville

Être. Le GRIS Centre-du-Québec est devenu, depuis quelques semaines, le GRIS Mauricie – Centre-du-Québec. Pourquoi cette « extension » ?

Richard Senneville. D’abord parce qu’il y a eu récemment une redivision du territoire québécois pour tous les GRIS. Par ailleurs, notre principal bailleur de fonds, l’Agence de la santé et des services sociaux, est situé en Mauricie. Nous ne voulions par qu’une autre association se crée dans cette partie-là de la région et que l’on perde notre subvention. De toute façon, nous allions déjà à Trois-Rivières, donc autant dorénavant apporter nos services partout en Mauricie.

Être. Ça apparaît comme une petite promotion pour cette organisation relativement jeune…

R.S. Le GRIS existe depuis 2008 seulement, mais il existait déjà un organisme du même genre, l’Association des gais, lesbiennes et bisexuels du Centre-du-Québec. Elle a été créée en 1998. J’en ai été le président et le trésorier. Il s’agissait alors de briser l’isolement chez les adultes, donc quelque chose de très différent de la mission du GRIS. À partir de 2006, cependant, nous n’avons plus eu de locaux, alors que l’intérêt du GRIS (dont j’étais déjà membre) pour la région remontait déjà à 2004. C’est ainsi que la transformation s’est opérée, il y a trois ans.

Être. Quels sont les prochains projets du GRIS Mauricie – Centre-du-Québec ?

R.S. Arriver à avoir plus de bénévoles pour les démystifications. Nous ne sommes aujourd’hui que quatre. Nous manquons notamment de femmes. En-dehors de ça, néanmoins, grâce à l’augmentation de notre subvention (de 15.000 à 23.000 dollars), nous avons pu engager quelqu’un à temps plein sur le plan administratif. Enfin, on est en train de monter un projet limité dans le temps (un an et demi) par l’intermédiaire du nouveau Bureau de lutte contre l’homophobie. Il s’agit de rencontrer les parents afin qu’ils acceptent mieux l’homosexualité de leur enfant. On les voit rarement sauter de joie dans ces moments-là (rire). Une sortie du placard se fait parfois sur plusieurs années pour un jeune. Ça peut être la même chose pour sa mère et son père. Nous voulons les accompagner.

Être. L’actualité a récemment été marquée par le suicide d’un jeune gai, harcelé à l’école, à Ottawa. Est-ce qu’une telle chose pourrait arriver aujourd’hui dans le Centre-du-Québec ou en Mauricie ?

R.S. Mais ça arrive encore ! Bien sûr, ces cas restent difficiles à identifier, car souvent les parents préfèrent taire les raisons qui ont poussé leur enfant à se suicider. Mais il y a deux ans, une lettre laissée par un jeune ne laissait aucun doute. Selon l’étude de Line Chamberland, 40 % des jeunes québécois se font traiter de « fif » à l’école alors qu’ils ne sont ni gais ni lesbiennes. C’est dire le poids de l’homophobie, aujourd’hui, dans les établissements scolaires. Voilà pourquoi il faut encore intervenir dans les écoles, mais aussi aider les parents qui peuvent eux aussi changer les choses.

Pour en savoir plus ou contacter le GRIS Mauricie – Centre-du-Québec : griscdq.org

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