Funkytown : les années 70 vues par Steve Galluccio

Par  |  Aucun commentaire

funkytown

Etremag. Steve Galluccio, quel a été le point de départ de Funkytown?
Steve Galluccio. C’est Simon Trottier, un des coproducteurs qui m’a approché il y a quelques années pour faire un film sur l’époque disco au Québec. Il avait alors déjà accumulé un dossier impressionnant de coupures de presses de l’époque pour commencer les fondations du projet.
L’époque qui l’intéressait c’est aussi celle de ma jeunesse. J’étais un jeune adolescent à l’arrivé du disco j’ai donc bien en mémoire cette période. Montréal en 1976 était au sommet de sa gloire. La ville était plus importante que Toronto, nous vivions l’excitation des Jeux olympiques, quelques années plus tôt nous avions vécu l’Expo 67. On croyait alors que la métropole était à l’aube de devenir une des villes les plus importantes d’Amérique du Nord. Mais ça n’a pas été pas le cas.
Dès que j’ai consulté le dossier de Simon Trottier, les choses étaient claires dans mon esprit. J’allais faire un film choral qui relaterait les années folles du disco à Montréal, avant même l’arrivée du Studio 54.
Etremag. Racontez-nous un peu la trame du film.
S.G. C’est l’histoire de sept personnages qui tentent de se tailler une place dans cet univers glamour où tout est permis alors que, pour l’espace d’un moment, le disco est roi. Parmi eux, Bastien, (Patrick Huard) célèbre animateur télé qui vit à toute allure et qui paiera le prix de ses excès. On trouve aussi Tino (Justin Chatwin), jeune danseur de disco à la sexualité ambigüe, Jonathan(Paul Doucet) chroniqueur de mode homosexuel très en vue et Mimi(Geneviève Brouillette) une ex-vedette de la chanson qui cherche à retrouver la célébrité.
Etremag. Vos personnages ont-ils réellement existé?
S.G. Non mais ils s’inspirent abondamment de personnages  pour la plupart réels. Le personnage de Patrick Huard par exemple ressemble beaucoup à Alain Montpetit, animateur populaire des années 70. D’autres comme «Mimi» ne s’inspirent pas seulement d’un, mais de plusieurs personnes. Malgré leur caractère fictionnel, j’ai pris plaisir à leur écrire un épilogue à la fin du film.
Etremag. Avec Funkytown vous offrez une image moins souvent exploitée de Montréal, où l’anglais côtoie le français…
S.G. Montréal est unique au monde. Elle abrite une population qui peut dans une même conversation avoir un interlocuteur anglais et un français qui vont tous les deux parler dans leur langue respective et se comprendre. C’est une richesse qu’on ne montre pas souvent à l’écran. Dans Funkytown, Bastien est marié à une anglophone, ils ont une petite fille qui parle anglais avec sa mère et français avec son père. C’est une réalité quotidienne pour un Montréalais.
Etremag. Quels sont vos projets à venir?
S.G. Je suis présentement en train d’écrire une suite à Mambo Italiano pour le cinéma. Je vais éventuellement publier un livre sur mes adresses favorites à Montréal. J’ai aussi un autre projet, celui d’adapter une pièce de Broadway que j’ai vue avec Denise Robert intitulée The 39 Steps (Les 39 marches).