Funérailles de Marjorie Raymond : et maintenant ?

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Beaucoup d’émotion ressentie chez la soixantaine de personnes présentes à l’enterrement de Marjorie Raymond, samedi après-midi à Granby. Les cendres de l’adolescente ont été déposées par son père aux côtés de son arrière grand-père. La jeune femme a mis fin à ses jours, le 28 novembre, à Sainte-Anne-des-Monts, après avoir été victime d’intimidation, pendant des années, dans son école secondaire.

La mère de la Marjorie Raymond, Chantal Larose, espère que le drame vécu par sa fille servira d’exemple : « Je suis contente qu’il y ait quelque chose qui se mette en branle. Ça a réveillé beaucoup de monde, cette situation-là. C’est la partie où je me dis satisfaite ».

« Ça aurait pu être moi »

Chantal Larose a aussi voulu venir en aide à l’adolescente qui aurait fait souffrir Marjorie Raymond. Celle-ci est désormais la cible des élèves de l’école. « Je tiens à souligner que le combat que l’on mène, c’est contre l’intimidation. La jeune fille sur qui on s’acharne ces temps-ci, c’est contre le combat que je veux mener », a-t-elle indiqué aux journalistes présents à Granby.

Jasmin Roy avait lui aussi fait le déplacement en Gaspésie. L’animateur, auteur de Osti de fif! où il relate l’homophobie dont il a été victime à l’école, s’est montré particulièrement ému : « J’ai vécu ça pendant cinq ans de ma vie. J’aurais pu être là, ça aurait pu être moi ».

Le président de la Fondation Jasmin Roy, qui lutte contre toute forme d’intimidation en milieu scolaire, a participé à l’élaboration d’une chanson, Gouffre de douleur, composée par le groupe hip-hop Megafon pour dénoncer cette situation. Jasmin Roy a tenu à ce que l’homophobie soit mentionnée dans le texte.

Jonah Mowry, autre symbole

Par ailleurs, alors qu’avait lieu l’enterrement de Marjorie Raymond en Gaspésie, une marche se déroulait à Montréal pour appeler le gouvernement à agir et mobiliser l’opinion publique. Quelque 200 personnes ont ainsi défilé dans le Parc Maisonneuve. Si la manifestation avait été programmée avant le suicide de l’adolescente, elle a été dédiée à la mémoire de cette dernière.

Les témoignages de jeunes se multiplient ces derniers jours pour évoquer l’immense problème que constitue l’intimidation en milieu scolaire. Trois adolescents, soutenus par la Fondation Jasmin Roy, sont intervenus lors de l’émission Tout le monde en parle, le 4 décembre, sur Radio-Canada.

Une vidéo, postée en août sur Youtube, fait également beaucoup parler d’elle ces dernières heures sur les réseaux sociaux. Un adolescent, Jonah Mowry, y évoque son calvaire, soit le harcèlement dont il est victime dans son école, les conséquences physiques et psychologiques de cette situation. Si cette séquence a beaucoup ému, elle est aussi à l’origine d’une polémique, certains affirmant que le jeune homme a menti, voulant seulement attirer l’attention.

1 Comment

  1. fanfan

    12 décembre 2011 at 15h08

    Je suis la mère d’une victime d’intimidation. Les parents aussi subissent les séquelles de l’intimidation (culpabilité, impuissance…). Mon fils dès la maternelle, du fait qu’il est allergique aux arachides (donc était différent!) s’est fait harceler, les autres enfants lui couraient après dans la cour de récréation en lui faisant croire qu’ils avaient du beurre d’arachides sur les mains. Ce que je ne savais pas moi, la maman c’était que cet incident n’était que le début d’un long, très long calvaire pour notre famille.

    Bien sûr, nous avons contacté, l’école, le directeur, puis la commission scolaire… rien de concret n’a été fait, le harcèlement s’est amplifié, mon fils souffrait et tout ce que je pouvait dire c’était ; ne les écoute pas, laisse les faire, ça va passer fait semblant de ne rien entendre….

    Au secondaire la même chose s’est produite pour des raisons différentes, là ce n’était plus à cause des allergies alimentaires, c’était parce que mon fils était trop studieux, trop tranquille et qu’en plus les profs. l’aimait bien malheureusement ! Il s’est fait battre, pousser, harceler, menacer jour après jour. Puis un jour, il avait presque ses 16 ans, il s’est sauvé de l’école (comme David Fortin ) mais il m’a encore fait confiance et m’a téléphoné sur mon cellulaire pour me dire où il se trouvait. J’ai été le chercher, il ne voulait plus retourner à l’école car cette fois s’était trop, s’était un prof. qui s’était moqué de lui en pleine classe et tous on bien rient de mon fils. S’en était trop aussi pour nous, les parents, nous avons négocier un changement d’école avec la commission scolaire, comme l’année était presque terminée, mon fils a du redoubler son année (lui qui était si bon à l’école avant !). Il a changé d’école, mais des harceleurs, il y en a partout et à tout âge…

    Il est au cegep maintenant, et même si il se trouve avec de supposé adultes et bien hier soir un jeune avec qui il travaillait sur un projet de fin de session et qui était en retard dans son travail, s’est mis à insulter, rabaisser et menacer mon fils sur facebook et nous revoilà de nouveau dans le harcèlement !!!

    Maintenant nous savons moi, mon conjoint et mon fils que JAMAIS le harcèlement ne s’arrêtera car même si mon fils est adulte et au cegep des cons il y en aura toujours et partout !
    Merci de m’avoir lu