Fondation Farha : derniers jours pour collecter des fonds

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Farha Ça marche Montréal Sida

Rendez-vous était donné le dimanche 8 septembre au parc Émilie-Gamelin pour le 19e marchethon de la Fondation Farha. 4.500 personnes se sont réunies pour participer à l‘événement annuel intitulé Ça marche, afin de montrer leur solidarité envers les hommes, femmes et enfants atteints du VIH/SIDA.

En plus de Richard Deschamps, venu représenter le maire Gérald Tremblay, des artistes comme les chanteurs Colin Moore, Marie-Chantal Toupin ont offert leur soutien à la cause. Dans le cortège, on trouvait également la troupe À Pieds Levés, d’Isabelle Savoie (École des Arts et de la scène), ou encore le Club Bolo et Zuruba.

Cet événement annuel est l’occasion pour les marcheurs de parrainer un ou plusieurs organismes, œuvrant autour des enjeux du VIH/sida (prévention, aide aux personnes séropositives précaires) L’argent récolté par la Fondation Farha est ainsi redistribué à ses 48 groupes partenaires pour mener à bien leurs programmes respectifs.

Ron Farha, figure historique

La campagne de financement se poursuit jusqu’au 1er décembre, journée mondiale du VIH/Sida. « Grâce à nos supporteurs nous avons déjà pu récolter 330.000 $. Nous avons encore quelques jours pour parvenir à notre objectif de 400.000$ et l’on va faire tout ce qu’on peut pour y parvenir » se satisfait Linda Farha, président bénévole de la Fondation et sœur de Ron Farha.

Ron Farha, ce nom résonne encore fortement aujourd’hui dans l’esprit de tous les témoins et militants qui ont pris part à la lutte contre le VIH/Sida. D’autres auront peut-être pris le temps d’admirer la murale du terrain vague situé sur Sainte-Catherine, entre Amherst et Wolfe, qui porte une citation de l’homme d’affaires: « Le SIDA disparaîtra un jour. En attendant nous avons l’opportunité d’apprendre et de grandir. Et nous devons le faire. »

Se sachant déjà malade depuis quelques années, Ron Farha avait organisé des collectes de fonds dès le début des années 1990 et créé, en 1992, la fondation qui porte aujourd’hui encore le nom de sa famille. Linda Farha rappelle que dès cette époque, les organismes manquaient de soutien financier pour venir en aide aux personnes touchées par la maladie.

La 1e marche a été organisée en septembre 1993. Malheureusement, Ron sera emporté par la maladie avant qu’il ait pu voir son œuvre accomplie. Depuis sa création, l’organisme a permis de collecter à ce jour plus de 8.3 millions de dollars, distribués à près de 76 organismes dans tout le Québec.

Fondation Farha Sida Montréal Ça marche

Toujours et encore éduquer

Certains ouvrages d’auteurs comme Armistead Maupin ou Michel Tremblay témoignent de la frayeur suscitée par la maladie dans et en dehors de la communauté gaie. Trente ans après l’annonce des premiers cas, Linda Farha semble déplorer que les mentalités n’aient pas évolué aussi vite que la médecine. « Ils savent que la maladie existe mais les gens ont encore peur d’approcher, de toucher des malades. Les mentalités sont encore très fermées et c’est triste, honnêtement. ».

Malgré les campagnes d’information et de prévention, un certain nombre d’idées reçues circulent encore autour du VIH/Sida. « Les gens pensent encore qu’il existe une cure et donc qu’il est inutile de se protéger. Le gouvernement réduit ses financements en faveur de l’éducation et de la prévention et les jeunes ne sont pas au courant. »

C’est la raison pour laquelle il faut selon elle « aller chercher les jeunes, faire sortir les familles dans les rues, les inciter à mettre leurs souliers et marcher pour montrer que tout le monde peut être touché par cette maladie. » Elle remarque que les jeunes et la génération du baby boom sont de plus en plus fréquemment touchés par le virus.

La Fondation continuera de soutenir les organismes au 1er décembre et se prépare à célébrer les 20 ans de son existence, malheureusement toujours nécessaire tant que l’épidémie n’aura pas été éradiquée.

Crédits photo: KLiché gRafix.