Festival Vues d’Afrique : silences à vif

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Silent Stories Vues d'Afrique Montréal

Par l’entremise de Sara, transsexuelle iraquienne, de Rabiatou, lesbienne guinéenne, de Jean-Louis, homosexuel originaire de Dakar au Sénégal, et d’Arezki lui-même, les réalisatrices Hanne Phlypo et Catherine Vuylsteke décrivent la terrible réalité de la communauté GLBT en Afrique et au Moyen-Orient.

La démarche des cinéastes favorise un contact intimiste avec ces êtres humains aux histoires troublantes. Silent Stories nous invite à découvrir certains épisodes de la vie de ces hommes et de ces femmes. Tout en retenue, ces derniers se confient à la caméra.

« J’ai rencontré Arezki, qui est un peu le personnage central de ce film, quand j’écrivais un livre sur l’homosexualité au Maroc. C’est devenu un ami. Comme la plupart des candidats que nous avons recrutés, il a accepté tout de suite, sachant parfaitement que le film allait être diffusé sur TV5 Monde et donc accessible en Afrique », raconte Catherine Vuylsteke.

Certains témoignages sont bouleversants. Rabiatou, jolie Guinéenne au sourire contagieux, évoque avec une candeur déconcertante son passé, son viol, sa première histoire d’amour, la réaction violente de son père et l’organisation d’un mariage forcé. La jeune femme s’exprime avec une parfaite maîtrise, tout en essuyant machinalement ses larmes.

Interpeller toutes les communautés

La caméra n’est pas obscène, elle ne cherche pas le sensationnalisme. Tantôt, elle offre des images joliment captées des gestes du quotidien, tantôt elle transmet directement et sans artifices l’information visuelle. « Nous avons choisi de ne pas tout raconter de nos personnages, explique la réalisatrice. On ne croyait pas pertinent de donner tous les détails de leurs parcours. Dans plusieurs cas, nous voulions aussi protéger nos sujets contre eux-mêmes. Ils n’hésitaient pas à se livrer entièrement. Nous avons craint pour la sécurité de certains. »

Journaliste depuis plus de 20 ans, Catherine Vuylsteke s’est vu proposer de faire un reportage sur un sujet de son choix, au Maroc ou en Turquie. Après réflexion, cette hétérosexuelle mère d’un jeune garçon a décidé d’aborder le thème de l’homosexualité : « Il me semblait important d’offrir le point de vue d’une personne extérieure à la situation. L’objectif étant d’aller interpeller la communauté en général et pas seulement les GLBT. Il est important que la population soit mise au courant de ces situations qui contreviennent aux droits de la personne. »

Dans son livre publié en 2008, Témoignages des homos marocains au Maroc, à Paris et à Bruxelles, elle soulignait déjà les ravages que provoquent la tradition et la religion sur différents immigrés en limitant les libertés individuelles.

Crédit photo : vuesdafrique.org.