Une étude lie l’homophobie et le rejet de soi

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Cette étude, publiée ce mois-ci dans le Journal of Personality and Social Psychology, est la première à documenter le lien étroit entre éducation répressive, orientation sexuelle et peur viscérale de l’homosexualité. Elle tend aussi à expliquer pourquoi tant de militants antigais se retrouvent à faire la manchette lorsque leur sexualité est mise à jour.

« Un individu qui s’identifie comme hétéro, mais dont les résultats indiquent une forte attirance pour une personne de même sexe peut être agressive face à la communauté LGBT parce qu’il l’associe à un désir et à des comportements qu’il éprouve en lui-même » indique Netta Weinstein, conférencière à l’université d’Essex et auteure principale de l’étude. « Dans plusieurs cas, la guerre avec son identité profonde se transforme en un conflit extérieur, projeté sur les autres », ajoute Richard Ryan, professeur en philosophie de l’université de Rochester (en vidéo ci-dessous).

Éducation stricte et répression des désirs

L’étude inclut les résultats de quatre expérimentations séparées, conduites aux États-Unis et en Allemagne avec chaque fois un groupe de 160 étudiants. Les conclusions confirment les théories psychologiques voulant que la peur, l’anxiété et l’aversion de plusieurs homophobes face aux gais peut émerger de la répression de leur propre désir.

Les résultats tissent aussi un lien entre une éducation très contrôlée et une piètre acceptation de soi chez les homophobes. Ces découvertes peuvent expliquer le cheminement intérieur qui s’exerce chez des individus qui font de l’intimidation et qui posent des gestes haineux à l’égard des gais et lesbiennes.

À travers l’étude, les répondants étaient amenés à répondre à une série de questions menant les chercheurs à obtenir de façon détournée la nature de leurs désirs sexuels. On s’attardait aussi à leur éducation en offrant une série d’affirmations qu’ils devaient approuver ou réprouver. On calculait finalement leur niveau d’homophobie avec une autre série de questions directes (comme leurs allégeances politiques et sociales) et puis de façon indirecte par des associations d’images et de mots.

Une étude datant de 1996 avait déjà montré que les hommes qui se déclarent homophobes réagissent sexuellement davantage devant un film porno gai que les hommes non homophobes.

Crédit photo : Zen