États-Unis : scouts toujours… homophobes !

Par  |  Aucun commentaire

Scout : interdiction d'être gay aux États-Unis

La polémique sur l’exclusion en avril dernier de Jennifer Tyrrell, mère lesbienne habitant l’Ohio et cheffe d’un groupe de Boys, n’aura ainsi pas ému les membres (non identifiés) du comité chargé d’étudier le maintien de la règle d’exclusion des personnes ouvertement gaies et lesbiennes. Au terme de deux ans d’une enquête confidentielle menée en interne comme à l’extérieur de l’organisation, le comité spécial « en est venu à la conclusion que cette politique est absolument la meilleure pour les Boy Scouts ».

« La grande majorité des parents des jeunes que nous accueillons estiment important d’avoir le droit d’aborder dans le cadre familial le sujet de l’homosexualité, en présence de directeurs de conscience, au bon moment et dans les bonnes conditions, a rapporté Bob Mazzuca, le directeur de la BSA, au Los Angeles Times. « Nous comprenons parfaitement qu’aucune règle ne pourra correspondre à la diversité des opinions de nos membres ou de la société », a-t-il ajouté. Des voix dissidentes se sont néanmoins exprimées au sein du comité de direction de Boys Scouts of America : celles de James Turley, PDG du cabinet Ernst & Young et de Randall Stephenson, directeur général de AT&T, pour qui la politique d’exclusion de BSA devait cesser.

« Adopter un langage et un comportement décents »

En 2000, la Cour Suprême avait jugé l’interdiction parfaitement légale, au motif qu’une organisation est libre de sélectionner ses adhérents selon ses propres critères. En 1991, Boy Scouts of America a statué sur l’homosexualité, perçue comme étant « en contradiction avec le serment des Scouts et la loi scout selon lesquels un scout doit respectivement être moralement juste et adopter un langage et un comportement décents ». L’organisme estime que « les homosexuels ne présentent pas un modèle désirable pour les scouts ».

Dans un communiqué de presse publié le 7 juin, Boys Scout of America précisait toutefois qu’elle « n’enquêterait pas de manière proactive sur l’orientation sexuelle de ses employés, bénévoles et membres » et que l’exclusion ne concernait que les personnes ouvertement gaies. L’Alliance des gais et lesbiennes contre la diffamation (GLAAD) a mis en évidence un autre cas d’un scout, âgé de 19 ans, ayant dû quitter son groupe après être sorti du placard. Le GLAAD a vivement critiqué la prise de position de l’organisation soulignant que l’armée ainsi que d’autres mouvements scouts, dont les Girl Scouts et le Boys and Girls Club, acceptaient les homosexuels.

Crédit photo : omer_k.