Entrevue : retour aux sources pour Diane Tell

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Diane Tell Concert Jazz Québec Album

Êtremag. Pour votre prochain album, Rideaux Ouverts, vous avez travaillé avec l’auteur-compositeur Serge Fortin. Comment décririez-vous la genèse de ce projet?

Diane Tell. Je suis venue au Québec l’an dernier dans le cadre des célébrations des 75 ans de la ville de Val-d’Or où j’ai grandi. Juste avant de revenir en France, Serge et moi avons parlé de faire quelques chansons ensemble. On a tout de suite commencé à composer. Rapidement, on s’est aperçu qu’on avait assez de matériel pour faire un album.

Êtremag. Est-ce que la décision de le produire au Québec est arrivée par hasard ou aviez-vous envie de revenir à vos origines?

D.T. En fait, l’idée m’est venue comme une impulsion. Je venais de terminer Docteur Boris et Mister Vian en 2009 et je me suis dit: « Pour le prochain album, j’ai envie de revenir au Québec ! » J’ai commencé à en discuter avec les gens du milieu de la musique que je connais bien. Serge est celui qui a accroché le plus vivement à l’idée.

Êtremag. Quels thèmes abordez-vous dans Rideaux Ouverts ?

D.T. L’amour, évidemment ! En fait, il s’agit d’un récit qui est raconté en onze temps. C’est l’histoire d’amour d’un couple qui dès le départ est assez mature. Ce n’est pas une rencontre amoureuse ni un couple nouvellement amoureux. Et puis au fil des chansons, on assiste au meilleur comme au pire. On constate les difficultés du temps sur l’amour, leur déchirure puis leur reconquête.

Êtremag. Vous avez beaucoup de succès auprès de la communauté gaie. Comment expliquez-vous cette popularité ?

D.T. J’ai toujours constaté qu’il y avait parmi mes admirateurs fidèles une grande variété de gens dont des hommes gais et des femmes lesbiennes. Je crois en fait que cette popularité est due à plusieurs facteurs. D’abord, je traite souvent d’un thème universel, l’amour. C’est peut-être aussi dans la sensibilité particulière de mes chansons, dans l’interprétation que j’y mets que j’arrive à plaire à un public plus « sensible ». Par ailleurs, avec des titres comme Si j’étais un homme, j’ai tout de suite attiré l’attention de la communauté gaie. On peut aussi dire que plusieurs de mes compositions sont dépourvues de genre et peuvent s’appliquer autant à un couple d’hommes, de femmes, qu’un couple hétérosexuel.

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Êtremag . Certains considèrent votre chanson Je pense à toi comme je t’aime comme un hymne homosexuel. Aviez-vous prévu que cette chanson toucherait autant les gais ?

D.T. Je pense à toi comme je t’aime est un bon exemple de l’absence de genre. Ça traite surtout d’une amitié qui verse dans l’amour. Je n’avais pas prévu ce succès auprès des homosexuels, mais son thème est tellement touchant. Qui n’a pas connu cette métamorphose de l’amitié à l’amour ? Ce texte magnifique m’est arrivé un peu par hasard. C’est un éditeur qui m’a fait parvenir quelques écrits de Maryse Wolinski. J’ai eu le coup de foudre. Il est très rare que je sois aussi touchée par les mots d’auteurs qui me sont inconnus. Parmi les textes envoyés, j’ai retenu plusieurs titres que j’ai intégrés à mon album Dégriff’moi. Je me suis cependant interdit de la rencontrer avant l’enregistrement. L’exercice était intéressant puisqu’elle n’avait aucune idée de quoi aurait l’air ses chansons. Ça a été formidable de lui faire découvrir en studio.

Êtremag. Le 27 octobre vous serez à Québec pour le Festival de jazz où vous allez offrir Docteur Boris et mister Vian. Avez-vous toujours été une admiratrice de Boris Vian ou est-ce d’abord l’aspect Jazz qui vous a séduit ?

D.T. Effectivement, il y aura des chansons de Docteur Boris et Mister Vian mais j’interprèterai aussi des morceaux tirés de mon ancien répertoire. Mon idée de départ pour cet album consistait à explorer le jazz, un genre musical que j’apprécie particulièrement. En lisant, j’ai découvert que Vian avait adapté de grands standards américains en français, mais pour la plupart, ils n’avaient jamais été enregistrés. Dans le cas de Boris Vian, trouver des œuvres jamais exploitées est plutôt exceptionnel. C’était même plus excitant encore car il s’agissait d’un véritable travail de création, mais sur des airs américains que je connais très bien.

Êtremag. J’imagine que c’est-ce un plaisir pour vous de retrouver le public québécois ?

D.T. Je dois admettre qu’il me manque, mais je n’aurai pas la chance de le rencontrer tout de suite. Pour l’instant, nous sommes plutôt au stade de finalisation de la création. C’est plus tard que je vais pouvoir retrouver mes fans québécois et j’ai très hâte. Mon contact avec lui ces dernières années a toujours été chaleureux, mais depuis Chimère, en 1982, je n’ai pas eu l’occasion de travailler sur un projet destiné en premier lieu à ma terre d’origine. J’ai envie de partager ces chansons, je suis vraiment très fière de cet album et de l’avoir produit au Québec.

Crédits photo: Dianetell.

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