En réponse à ‘La neutralité de la business’: Ianik Marcil en service commandé?

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Dans son blogue du 24 juillet La neutralité de la ‘business’ sur le site du Journal de Montréal Ianik Marcil se lance dans un argument un peu bizarroïde à première vue et le lecteur se demandera bien pourquoi accorder autant d’attention à un événement somme toute un peu banal. Parlant à la suite de sa collègue Lise Ravary de la campagne de levée de fonds que le magazine Être parraine pour la militante laïque Louise Mailloux, une membre de notre communauté poursuivie abusivement par son amie Dalila Awada (il aura au moins eu le courage de reconnaître cette amitié ainsi que son implication avec l’organisme Québec inclusif, véritable fan club de Mme Awada, à la toute fin de son blogue en note en bas de page), il nous reproche de ‘ne pas avoir pris acte notamment de la perception que la communauté, et surtout (nos) clients, ont de (nos) actions’, d’avoir ainsi manqué à la responsabilité sociale des entreprises. D’où son reproche que nous aurions nui à nos annonceurs (et à nous-mêmes par ricochet) en mettant en vente des chèques-cadeaux obtenus en guise de paiement de certains contrats publicitaires pour cette levée de fonds.
Il est en partant assez singulier de lire dans un média, sous la plume d’un journaliste ou blogueur, que la responsabilité sociale d’un magazine est d’abord envers ses clients, en l’occurrence pour un magazine gratuit ses annonceurs. J’espère que M. Marcil connait les principes de base du journalisme démocratique. C’est assez inquiétant d’avoir à revenir sur ce point avec un journaliste ou blogueur d’un média aussi important que le Journal de Montréal. Serait-il lui aussi victime de la convergence?
Loin de se préoccuper d’abord et avant tout des perceptions des annonceurs, un média crédible se doit de prouver son indépendance éditoriale face aux annonceurs. Un média qui se préoccupe d’abord et avant tout de ce que pensent ses clients annonceurs, est au contraire un média qui ne respecte pas sa responsabilité sociale qui est d’abord et avant tout de défendre la liberté de presse, la liberté d’information et la liberté d’expression, des libertés fondamentales dans une société démocratique. Dans une société dominée économiquement par de puissants intérêts financiers, on peut s’imaginer où en serait le 4e pouvoir si les entreprises de presse suivaient ses conseils. Ce qu’il faut surtout déplorer aujourd’hui c’est au contraire les pressions croissantes des annonceurs qui menacent la liberté d’action des entreprises de presse.
C’est dans cet esprit que le magazine Être a choisi de contribuer à la défense d’ une membre de notre communauté qui a défendu avec vigueur et conséquence un autre principe de base d’une société démocratique, la laïcité de l’État, sans laquelle les personnes LGBT n’auraient aucun droit reconnu s’il fallait que les dogmes des religions professées au Québec et au Canada régissent notre vie collective, des dogmes est-il nécessaire de le rappeler qui sont de façon écrasante sexistes, homophobes et transphobes. Et a fortiori quand ce qui est en jeu c’est notre liberté d’expression et notre liberté de conscience de questionner et de critiquer les gens qui défendent les préceptes et pratiques de la religion la plus virulemment homophobe sur cette planète, la religion musulmane qui est associée à la criminalisation de l’homosexualité dans 57 des 80 pays sur la planète à encore condamner à la prison ou pis encore dans une dizaine de pays à la peine de mort les personnes homosexuelles.
En mettant en vente dans le cadre d’une levée de fonds des chèques-cadeaux obtenus en guise de paiement de nos clients qui font partie de nos revenus, nous n’entendons pas non plus soumettre cette initiative au bon vouloir des annonceurs. Ceux-ci comme nous l’avons expliqué dans l’article faisant la promotion de cette campagne ne sont aucunement liés par cette initiative puisque ces revenus sous forme de chèques-cadeaux nous appartiennent de plein droit tout comme s’ils avaient été payés par chèque ou en argent comptant. Nous avons aussi expliqué en détails en réponse à la charge de sa collègue Lise Ravary pourquoi nous n’avons nullement à rechercher leur approbation pour ce faire (voir l’édito La Mauvaise foi de Lise Ravary http://www.etre.net/la-mauvaise-foi-de-lise-ravary/)
Nous sommes bien évidemment soucieux de nous associer à des causes qui soient conséquentes avec notre mission et notre politique éditoriale. C’est ce qui sert aussi le mieux nos annonceurs qui ciblent dans leur stratégie marketing notre communauté. Dans le cas de cette levée de fonds, il est manifeste que c’est aussi un bon choix si on se fie aux plus de 500 J’aime qui ont salué cette initiative de notre part sur notre site web, l’article le plus lu et le plus ‘aimé’ de la dernière semaine.

Ianik Marcil, le jupon dépasse

Le seul problème que nous avons rencontré avec cette campagne et auquel nous ne nous attendions pas tellement de telles méthodes nous sont étrangères, c’est la campagne de désinformation, de harcèlement et d’intimidation à laquelle se sont livrés systématiquement les amis de Monsieur Marcil à Québec inclusif… dont Monsieur Marcil, ô surprise!, ne parle pas. Si Monsieur Marcil veut parler d’éthique commerciale, j’aimerais l’entendre sur le genre de pratiques de ses amis de Québec inclusif. Même s’il s’agit d’un organisme sans but lucratif, j’aimerais l’entendre, savoir ce qu’il pense d’une organisation qui mobilise ses militants et militantes, en sourdine, sans l’assumer ouvertement, pour qu’elles appellent ou contactent systématiquement nos clients sans s’identifier comme militants de cet organisme, se faisant passer pour de simples clients (ce qu’ils ne sont pas la plupart du temps de toute évidence) pour les désinformer en prétendant qu’ils sont ‘associés’ à la défense de Louise Mailloux ET à la Charte de la laïcité, une charte est-il nécessaire de le rappeler que Monsieur Marcil a combattue et qui est maintenant morte au feuilleton, une charte dont nous étions nous-mêmes des supporters critiques, et dont il n’est donc nullement fait mention dans notre campagne. Que penser aussi de ces gens qui pour mettre de la pression sur nos annonceurs après leur avoir demandé de se dissocier de notre initiative, les menaçaient d’une campagne de boycottage s’ils n’obtempéraient pas à leur injonction? Le tout organisé par la vice-présidente Communications de cet organisme auquel M. Marcil a participé, Nellie Brière, avec la collaboration étroite de la vice-présidente Mobilisation Léa Couture-Thériault, ainsi que la participation d’une autre blogueuse, celle-là du journal Métro, Judith Lussier, l’une des trois signataires initiales du Manifeste pour un Québec inclusif à la base de la mise sur pied de cet organisme. C’est d’autant plus troublant quand on sait que la ‘blonde’ de Monsieur Marcil (voir son blogue du mois de juin http://blogues.journaldemontreal.com/libreechange/tag/sarah-labarre/), Sarah Labarre, est justement une des personnes à qui Nellie Brière demandait de participer à cette campagne (voir échange Facebook ci-joint).  Il aurait aussi été éthique que M. Marcil explique à ses lecteurs que c’est suite à ces pressions que les trois entreprises mentionnées  dans son article (sur une cinquantaine) ont demandé à ce que leurs chèques-cadeaux soient retirés de notre liste, ce que nous avons fait puisque de toute façon ils avaient déjà été vendus ou promis dans le cadre d’autres promotions.

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Quand on connait la participation de Monsieur Marcil à cet organisme, un organisme avec lequel sa ‘blonde’ est pour le moins toujours en contact, son amitié avec Dalila Awada, l’implication à fond de train des militantes et militants de ce même organisme dans cette campagne de désinformation, d’harcèlement et d’intimidation contre nos clients (y compris celle de sa ‘blonde’?), on est en droit de se demander si Monsieur Marcil est en service commandé quand il revient à la charge pour nous blâmer d’une situation déplorable que ses propres (anciens?) compagnons de combat contre la laïcité ont eux-mêmes créé.
Je crois que Monsieur Marcil devrait s’expliquer là-dessus au lieu de pontifier sur des notions d’éthique commerciale des entreprises de presse fort douteuses. Préférera-t-il nier qu’il était au courant de ces manœuvres comme le président de Québec ‘inclusif’, Me Rémi Bourget, avant que la vérité n’éclate au grand jour après la publication des échanges internes de cette organisation?
Il pourrait peut-être aussi nous dire à quoi rime un organisme qui se gargarise de vertu et d’inclusion tout en attaquant par les méthodes les plus scabreuses des militantes et militants laïques, des militantes et militants LGBT pour parvenir à ses fins. Nous dire aussi s’il croit que c’est de la bonne éthique pour une organisation de croire que la fin justifie les moyens… ce qui semble de toute évidence avoir été la logique suivie par cet organisme pour tenter de faire déraper notre campagne de levée de fonds et nuire à la défense de Louise Mailloux dans la poursuite que son amie Dalila Awada a intenté contre elle.

André Gagnon

Nellie Brière aveux

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1 Comment

  1. Paul Trottier

    3 août 2014 at 12h10

    Cher André,
    Ton combat pour la neutralité religieuse de l’État et pour le respect des droits des LGBT te fait honneur et fait avancer le Québec dans la bonne direction. Ta détermination, ton humanisme, et ta pugnacité sont admirables.
    Mon amitié sincère et mes encouragements t’accompagnent dans cette lutte.