Égypte: la rue fait chuter Moubarak, pilier du régime homophobe

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Mubarak

«Compte tenu des conditions difficiles que traverse le pays, le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d’abandonner le poste de président de la République et chargé le conseil suprême des forces armées de gérer les affaires du pays», a déclaré le vice-président Omar Souleimane, dans une brève allocution télévisée.
Les vagues de manifestations, ayant fait au moins 300 morts selon des bilans non confirmés, constituent une première étape victorieuse pour le peuple égyptien descendu dans la rue, parmi lequel on retrouve les mouvements des droits GLBT égyptiens. La place Tahrir, épicentre du mouvement de contestation déclenché le 25 janvier contre M. Moubarak, est d’ailleur connue pour être… un lieu de drague gai.

La nécessité de la laïcité

Dans une entrevue accordée eau site gaymiddleeast.com (avant le départ de Moubarak), le blogueur gai égyptien IceQueer se dit «confiant qu’il y aura une transition, mais que d’abord, nous devons nous débarrasser des stéréotypes et des idéologies médiévales auxquelles adhèrent plusieurs Égyptiens, faute d’éducation adéquate».
Ce jeune interne médical de 22 ans souligne néanmoins qu’«on ne peut pas tout demander à la fois. Déjà, demander la “liberté” et “la chute du régime” a secoué tout le pays, alors imaginez ce qu’il se passerait si l’on demandait des droits pour les LGBT? La communauté LGBT égyptienne n’aura pas de droits avant que l’Égypte ne devienne un pays laïque ».

Arrestations et tortures

Aucune loi en Égypte ne condamne directement les actes homosexuels. Néanmoins, les GLBT peuvent y être inculpés de «comportements immoraux ou indécents», «propagation d’idées perverses» ou «dépravation morale». De plus, l’état d’urgence en vigueur depuis 1981 permet à la police de fouiller leur appartement sans autorisation préalable.
En 2005, un rapport de Human Rights Watch pointait des cas d’arrestations et de tortures de la part du gouvernement égyptien envers des hommes accusés d’homosexualité. L’activiste gai Bahaa Saber a déclaré au Los Angeles Times avoir été arrêté, torturé et violé par la police l’an dernier.
Crédits photo: Muhammad غفّاري