Dominic Poliquin – Une minute plus tard

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Il passe de plus en plus de temps à Montréal, travail et contacts obligent, mais traîne un peu les pieds pour accepter sa nouvelle vie. « Je suis un gars de la campagne. Pour moi, une vie normale, c’est du silence pour être seul avec mes idées », raconte l’enfant de Saint-Jean-sur-Richelieu.

N’allez pas croire que Dominic Poliquin ne boude pas son plaisir pour autant. Tout va très vite pour le jeune diplômé à Concordia, qui ne donne pas son âge car, dit-il, « on a tôt fait dans ce milieu d’associer jeune à inexpérimenté ». Pour le reste, il aime parler, habitué aux médias depuis le succès inattendu de sa vidéo parodiant le principe des minutes du Patrimoine, clips de 60 secondes rappelant un moment important dans l’histoire du pays.

Mettant en scène un policier de l’Ontario (joué par le comédien Charlie David) demandant en mariage un agent de Sûreté Québec (Dominic Poliquin lui-même) à travers un grillage (symbolisant la solitude de chaque province), sa vidéo a été vue à ce jour par plus de 30.000 personnes. Elle a également fait l’ouverture du dernier festival image + nation.

« Le contenant se situe à droite politiquement, le contenu à gauche, je ne pouvais recevoir de protestations de nulle part », rigole-t-il quelques mois plus tard. Sa tension est quand même montée en voyant arriver un courriel de Michael A. Lévine, producteur exécutif des (vraies) minutes du Patrimoine. « J’aurais pu être poursuivi », rappelle-t-il. Mais l’heure était aux félicitations : « Il m’a dit qu’il avait bien aimé, qu’il estimait lui aussi important de défendre certains droits universels », raconte le « piqueur de concept » qui aimerait, à court ou moyen terme, faire son trou dans la publicité.

Un court-métrage sur le sport et l’armée

Le succès de la vidéo lui a même permis de trouver un travail, à la Fondation Émergence. « Robert Laramée [directeur général de l’organisme] m’a contacté parce qu’il avait besoin de vidéos pour le site ». Sa nouvelle capsule – toujours sur une minute – s’inscrit dans le cadre de l’opération « Pour que vieillir soit gai », lancée l’an dernier par la fondation et financée par le ministère des Aînés.

Tourné en partie début mars, Dominic Poliquin y raconte l’histoire d’amour entre deux sœurs, s’attardant d’abord sur leur relation alors qu’elles sont dans la vingtaine, en 1959, avant de les retrouver vieilles et toujours ensemble, en 2005. Idéaliste ? « Je connais une sœur et un prêtre qui ont quitté les rangs pour vivre ensemble pendant plus de 40 ans, réplique-t-il. Il y a aussi des histoires connues de relations entre nonnes ».

D’autres projets devraient suivre dans les prochains mois. Le réalisateur a commencé un court-métrage de 15 minutes (Les forces) sur l’histoire d’un joueur de football gai amoureux d’un militaire hétéro. Trois idées de films trottent aussi dans sa tête, dont un à thématique GLBT.

Crédit photo : courtoisie Dominic Poliquin.