Décriminalisation : les pays d’Afrique prêts au bras de fer

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John Evans Atta Mills Ghana Commonwealth Royaume Uni

Cette menace, réaffirmée par David Cameron et critiquée par les ONG et associations LGBT africaines – qui craignent qu’elles ne soient contre-productives – ne semble pas émouvoir les gouvernements concernés. Le ministre de l’information de la Zambie, Given Lubinda, a ainsi rappelé à David Cameron qu’ils s’étaient entendus, aux termes de la Déclaration de Paris et de l’Agenda d’action d’Accra, que « aucun pays n’utiliserait son aide pour influencer les politiques d’un [autre] pays ».

Une position qui rejoint celle du président ghanéen John Atta Mills (en photo) : ce denier a indiqué que leurs « normes » étaient différentes de celles au Royaume-Uni. « En tant que président, je n’initierai ni soutiendrai aucune tentative pour légaliser l’homosexualité au Ghana ».

Du côté du Zimbabwe, le premier ministre Morgan Tsvangirai a affirmé, fin octobre, à la BBC, espérer « que la constitution garantira la liberté d’orientation sexuelle, tant qu’elle ne dérange personne » ajoutant que pour lui, il s’agit d’un droit humain. Une position encourageante néanmoins nuancée, voire démentie, par son entourage dans les jours suivants.

Les gais africains toujours persécutés

Dans le pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigéria, le Parlement discute une loi qui renforcerait le caractère homophobe de sa législation : les mariages des couples de même sexe seraient interdits et punis de cinq ans de prison. En Ouganda, le projet de loi prévoyant la peine de mort pour des cas de relations homosexuelles revient régulièrement au Parlement.

De telles prises de position politique ne peuvent qu’encourager les sentiments homophobes. C’est ainsi qu’au Ghana, trois homosexuels ont été arrêtés après avoir participé à une émission de télévision où ils avaient exposé leurs problèmes privés. Le plus jeune avait accusé l’un des deux autres de l’avoir drogué pour abuser de lui. La semaine prochaine au Cameroun, un étudiant de 29 ans, condamné à trois ans de prison pour avoir envoyé un message texte à un autre homme, sera jugé en appel.

Crédits photo: United Nations Photo.