Décès : Madeleine Parent, soutien des femmes et de la communauté

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Madeleine Parent Féminisme Syndicalisme

Si les hommages rendus à cette infatigable figure humaniste et son apport à la cause des femmes et des travailleurs sont unanimes, on retiendra également de Madeleine Parent son soutien à la lettre d’appui au mariage gai, diffusée par la Fondation Émergence en 2003.

Née en 1918 à Montréal, elle fait ses études à l’Université McGill, chose rare à l’époque pour une francophone (catholique de surcroît). Elle milite alors au sein de la Canadian Students Assembly pour l’obtention de bourses d’études pour les jeunes issus des milieux défavorisés.

Elle poursuit son engagement en prenant la tête, en 1942, les mouvements de syndicalisation des usines de Dominium Textile, à Valleyfield et à Montréal. Une mobilisation qui lui vaudra l’inimité de Maurice Duplessis, cinq arrestations au total et même une condamnation pour conspiration séditieuse en 1948, dont elle sera acquittée en 1955.

Avec son compagnon de vie et de lutte, Kent Rowley, elle parcourt le Canada dans les années 1950 afin de créer des syndicats locaux indépendants des syndicats américains. Elle fera d’ailleurs partie des fondateurs du Conseil des syndicats canadiens. La journaliste et féministe Judy Rebick a rendu hommage à « l’une des rares militantes qui avait une influence égale au Québec et au Canada anglais. Madeleine a toujours insisté pour travailler de concert ».

Une vision inclusive

L’autre combat de cette grande dame aura été mené en faveur des femmes, un engagement salué en 1993 par le prix Idola Saint-Jean, remis par la Fédération des Femmes du Québec. Son actuelle présidente, Alexa Conradi, a témoigné de « l’immense influence » de Madeleine Parent sur le mouvement féministe québécois, elle qui « a constamment cherché à créer des ponts entre les femmes de milieux et d’origines différents. Nous lui en sommes profondément reconnaissantes.» Madeleine Parent a participé au Comité d’action pour le statut de la femme, où elle a siégé tout au long des années 70, y portant notamment la cause des autochtones et des immigrantes.

Madeleine Parent avait pris sa retraite du mouvement syndical en 1983, apportant néanmoins toujours sa voix aux luttes féministes. Militante pour le oui au référendum de 1980, elle regrettait la dispersion des voix souverainistes entre le Parti Québécois et Québec solidaire. Vers la fin de sa vie, elle s’était également opposée aux deux guerres en Irak et à l’intervention militaire en Afghanistan.

Crédit photo : Document Radio-Canada.