Clin d’oeil à Sylvain Simard

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Figure légendaire de la communauté pendant près de 20 ans, Sylvain Simard est décédé à Toronto en 2010 à l’âge de 47 ans. Artiste de la première heure des Peintures en direct aux Foufounes Électriques au début des années 1980, Sylvain Simard était revenu à la peinture vers la fin des années 1990. À l’époque, il faisait partie de la mouvance punk et il côtoyait, entre autres, le groupe Térapi de Franklyne et les peintres PDG (Pedneault, Desautels et Gaudreau).

Avec la complicité de Louis Rivest, Sylvain s’est fait connaître dans les années 1990 en tant que mécène et collectionneur d’œuvres d’artistes de la relève. Il a encouragé des peintres comme Yvon Goulet, Zïlon et Marc Sylvain. Il fut aussi membre de la première heure de l’Artothèque de Montréal, pour laquelle il a œuvré de nombreuses années en tant que responsable des communications et assistant de la conservatrice Marie-Laure Pelletier.

En 2000 et en 2001, il avait été cofondateur et directeur artistique de la Galerie 3272 dans HoMa. Malgré un grand succès d’estime, la galerie avait dû fermer ses portes faute de financement. Surnommé la ‘Galerie des trois Sylvain’, elle demeure dans nos souvenir celle des précurseurs, selon les mots de Louise Harel, alors députée ce la circonscription. Durant cette même période, Sylvain Simard aura été le dernier assistant du peintre de renommée internationale Guido Molinari (1933-2004).

Un artiste impliqué

Sylvain Simard est revenu à la peinture à la fin des années 1990 en créant en duo des œuvres avec son conjoint de l’époque, Sylvain Gaston Simard, qui portait le pseudonyme Sims. Vers l’an 2000, s’éloignant du figuratif sans jamais l’abandonner complètement, il est passé à l’abstraction lyrique (gestuelle). Il a notamment créé une série inspirée du drame du 11 septembre 2001, qui l’avait fortement secoué. Sous l’influence de Guido Molinari, il s’est ensuite dirigé vers l’abstraction géométrique.

Parallèlement à ses activités artistiques, il a longtemps été un activiste pour la défense des droits de personnes vivant avec le VIH, ainsi que pour la prévention des infections transmises sexuellement, un combat mené entre autres en tant que membre du conseil d’administration du Comité des personnes vivant avec le VIH (CPAVIH) avec l’aide de la Fondation d’aide directe SIDA-Montréal et, en 2010, avec FrancoQueer, le regroupement des GLBT francophones de l’Ontario.

Pour ce dernier organisme, il a travaillé avec son conjoint des derniers jours, Marcel Grimard, à la première campagne de prévention des infections transmises sexuellement (ITS) auprès de la jeunesse franco-ontarienne, campagne intitulée Capotes au Max. Sa dernière œuvre, le Kimonex, avait été créée spécialement pour cet événement.

L’exposition au Studio Backstage se veut un clin d’œil à cet artiste unique et un salut à un vieil ami sur une note joyeuse… car il n’aimait pas la tristesse. Surnommé Kiki, Monsieur Champagne, la veuve Cliquot, il a marqué notre communauté en tant qu’artiste, galeriste, collectionneur, muse.

 

Clin d’œil à Sylvain Simard

Jusqu’au 21 décembre

Au Studio Backstage

1661, rue Sainte-Catherine est

Montréal, Qc

www.studiobackstage.ca

Décrochage le 21 décembre