Claude Charron : de l’Assemblée à la télé

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Retour sur la carrière du ministre gay Claude Charron

D’abord, il y a eu ce qu’il a appelé « la montée en grâce ». Originaire du nord-ouest de Montréal (l’Île-Bizard), Claude Charron, aujourd’hui âgé de 65 ans, est l’une des personnes qui ont fondé en 1967 le Mouvement Souveraineté-Association, ancêtre du Parti Québécois. Trois ans plus tard, il devenait le plus jeune député de l’histoire de l’Assemblée nationale, surprenant tout son monde en se faisant élire comme péquiste dans la circonscription de Saint-Jacques (aujourd’hui Sainte-Marie-Saint-Jacques, dont fait partie le Village). Il sera réélu à trois reprises.

L’ascension continue à une vitesse impressionnante. En 1976, Claude Charron entre dans le gouvernement de René Lévesque comme ministre du Haut-Commissariat à la jeunesse, aux loisirs et aux sports. En 1981, une nouvelle promotion l’attend lorsqu’il devient leader parlementaire et ministre responsable des Affaires parlementaires.

Souffrance individuelle plus que sociale

C’est alors que sa trajectoire subit un violent arrêt. Fin 1981, le nom de Claude Charron est injustement associé à une histoire de distribution de cassettes vidéo pornographiques mettant en scène de jeunes garçons qui auraient circulé dans l’édifice de l’Assemblée nationale. Fortement touché par cette calomnie, qui a mis en cause et révélé son homosexualité, il devient par la force des choses le premier député à assumer publiquement son orientation.

Quelques semaines plus tard, il est pris en flagrant délit de vol à l’étalage au magasin Eaton du centre-ville de Montréal. Il démissionne de ses fonctions en 1982, au moment où le Village prend forme.

Claude Charron raconte cette période douloureuse dans le livre Désobéir, publié en 1983. Tentant d’expliquer son geste, il évoque également ses difficultés à vivre son homosexualité. « J’ai vécu 13 ans en élu de ce peuple, sans comprendre vraiment s’il me voulait semblable ou différent de lui », raconte celui pour qui « individuellement, être homosexuel demeure difficile, même si socialement, ça l’est devenu moins ».

Parti plusieurs mois en Asie, il se lance dans la radio avant que la télévision fasse appel à ses services. Durant dix ans (de 1988 à 1998), il anime à TVA une émission d’affaires publiques, Le match de la vie, dont la cote d’écoute dépasse parfois le million de téléspectateurs. De 1998 à 2001, il tient à Radio-Canada une émission d’entrevues qui porte son nom, avant de devenir, en 2002, coanimateur du bulletin de nouvelles Le TVA de 17 heures aux côtés de Pierre Bruneau. Il quitte son poste en 2006 et, depuis, il vit à Paris.

Claude Charron fait partie des personnalités à qui la Société de développement commercial (SDC) rend hommage, cet été, dans le Village, pour fêter les 30 ans du quartier gai de Montréal. Des panneaux prendront place dans la rue Sainte-Catherine et ses alentours, jusqu’à la mi-septembre. Ces portraits se retrouvent également dans les différents numéros des magazines du groupe HMX (Être, RG, 2B et Entre Elles)

Crédit photo : E10,S44,SS1,D79-811,PB4 / REPRODUCTION INTERDITE SANS L’ÉMISSION D’UNE LICENCE PAR BAnQ / Fonds Ministère des Communications / Reportages photographiques du ministère / Conférence de presse du ministre Claude Charron / Bernard Vallée, 12 septembre 1979.