Clap de fin pour le plus ancien établissement gai européen

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zanzibar

Ce lieu, connu jadis pour sa réputation lascive, a accueilli pendant toute une époque de nombreuses célébrités de passage sur la Côte d’Azur. On y rencontrait ainsi Jean Cocteau, Jean Marais, ect.
Jean-Marie Wawruszak, dernier propriétaire de cette boite de nuit se dit désolé. Lui qui espérait passer le flambeau ne verra pas son souhait exaucé: «J’aurais voulu trouver quelqu’un pour le reprendre. J’ai eu des offres, mais aucune sérieuse… personne n’avait le pognon!»
Ce qui passait pour être le plus ancien établissement LGBT européen, a par ailleurs connu, au cours de la dernière décennie, des temps particulièrement difficiles. La concurrence était forte, certains bars apparaissant parfois à quelques pas du Zanzibar le temps d’une saison. Le prix de la location de l’endroit avait en outre doublé au cours des dernières années, passant de 1500 à 3500 euros par mois.

Cannes, ville morte pour les LGBT ?

«Le monde de la nuit est cuit en France. Tout est devenu compliqué», affirme sans mâcher ses mots le propriétaire déçu. Certains détracteurs l’ont accusé de ne pas être resté dynamique et d’avoir laissé les choses se dégrader. Jean-Marie concède : «Le côté festif et locomotive, moi je ne savais pas faire. Tous ceux qui viennent pleurer aujourd’hui n’avaient qu’à me faire travailler avant!»
Pour le président de l’Association gaie de la ville du célèbre festival, cette fermeture est «catastrophique». Éric Darmaisin s’explique en ces mots : «Il y a un an, le Palais des festivals a lancé en grande pompe « Cannes Rainbow », une charte censée redynamiser la vie gaie. Très bien, sauf que j’espère que ça n’était pas que de l’affichage puisque personne n’a rien fait pour empêcher la fermeture de ce lieu mythique. Pendant que la vie gaie s’étiole à Cannes, elle prospère à Nice [située juste à côté, NDLR.]»