Chili : Sept ans d’attente pour une loi contre les discriminations

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Alors que le projet de loi, présenté en 2005, avait été adopté au Sénat en novembre 2011, il demeurait en suspens à la Chambre des députés. Mais la violente agression homophobe dont a été victime Daniel Zamudio le mois dernier, a suscité une telle émotion que le projet de loi a de nouveau été mis en avant par le Président chilien Sebastián Piñera. Le Chilien de 24 ans était décédé après 25 jours de coma, des suites des tortures qui lui avaient été infligées durant plusieurs heures.

La loi anti-discrimination, appelée de ses vœux par le Haut-commissariat aux droits de l’homme à l’ONU, a été adoptée à une courte majorité de 58 contre 56. Elle compile en un texte unique les différentes dispositions ayant trait à la discrimination définie comme « tout différence, exclusion ou restriction sans justification raisonnable, commises par des agents de l’États ou des individus, et qui cause la privation, perturbe ou menace l’exercice légitime des droits fondamentaux ».

Polémique avec les autorités religieuses

L’orientation sexuelle est explicitement citée come motif prohibé de discrimination, en dépit de l’opposition des membres de l’Union démocrate indépendante (UDI – droite conservatrice)ainsi que des représentants des églises évangéliques, pour lesquels cette loi constituait un premier pas vers le mariage des couples de même sexe.

L’avancée a été saluée par le Mouvement d’intégration et de libération homosexuel (Movilh). Son Président, Ricardo Ezzati, a néanmoins critiqué la « responsabilité morale » de l’Église dans la mort de Daniel Zamudio. Des propos qui ont suscité l’ire de l’archevêque de Santiago, qui a déclaré que l’Église s’était tenue aux côtés de la victime et de ses proches durant son hospitalisation. Mgr Jiménez a en retour accusé le Movihl de « profiter » de la mort du jeune Chilien pour critiquer son institution.

Crédit photo : Elraphabr