Changing Room : justice aux drag

Par  |  1 commentaire

Changing room : le spectacle gay à Montréal

L’aventure continue pour l’équipe de Changing Room. Après des débuts en 2009 au Drague, principal bar gai de Québec, le succès l’avait ensuite transportée au Périscope, toujours dans la capitale nationale. Avant d’y retourner en avril 2013 (après un passage par Ottawa), place désormais à Montréal et à l’Espace libre, juste après la marche GLBT.

Le metteur en scène Alexandre Fecteau parle d’une création ayant un triple objectif, que reflète le titre anglophone (« aucune expression française ne pouvait en faire de même », souligne-t-il) : montrer un spectacle qui se déroule la moitié du temps dans la loge; amener la confession d’une pièce à l’autre; provoquer une transformation tant chez les comédiens qu’au sein du public.

L’ensemble permet surtout de mieux faire connaître un monde souvent moqué et caricaturé

L’ensemble permet surtout de mieux faire connaître un monde souvent moqué et caricaturé, bien que les drag queens québécoises peuvent constater une amélioration de leur image auprès du grand public. Le succès de Changing Room, ainsi que celui du splendide spectacle Gardenia, présenté en 2011 à Montréal pour le Festival TransAmériques, sans oublier la figure positive de Mado dans la communauté, en constituent autant de preuves.

Rejetés par certains gais

Pour Raymond Poirier, le côté « festif, plaisant et humain » du spectacle se trouve à l’origine du succès de Changing Room. « Il y a toujours une vraie curiosité pour les drag queens, mais certains sont gênés à l’idée d’aller voir un de leurs spectacles. Ils trouvent ici une bonne excuse pour le faire », explique le directeur administratif du Collectif Nous sommes ici.

Tout comme Alexandre Fecteau, il admire le dévouement de ces créateurs pour leur travail. Le spectacle permet d’ailleurs d’opérer un recadrage : ni personnalités torturées et suicidaires telle la Hosanna de Michel Tremblay ni pendant de Priscilla folle du désert, les sept hommes interrogés pour les besoins du spectacle sont avant tout des artistes. « Ce sont des passionnés, qui trippent, ajoute Raymond Poirier. Certains auront plus d’intérêt pour les costumes, d’autres pour les chorégraphies, d’autres encore pour la comédie ».

La scène représente « un exutoire, un lieu des possibles »,  elui qui permet au public gai de se divertir, même si ce dernier fait parfois preuve d’ingratitude. Ainsi, le métier de drag queen, en plus de rapporter généralement peu d’argent, demeure un obstacle pour les histoires d’amour. « Ça change avec les générations, mais les gens ont toujours du mal à accepter le regard des autres. Les préjugés entre homosexuels existent bel et bien », confirme Jean-François Simard, l’une des personnes interrogées pour les besoins du spectacle.

Si leurs propos sont retranscrits sans être retravaillés, ces drag queens ne se retrouveront pas directement sur la scène de l’Espace libre. Afin d’installer une certaine distance, Alexandre Fecteau et Raymond Poirier ont préféré faire appel à des comédiens professionnels, hommes et… femmes.

Changing Room
Du 21 août au 8 septembre
À l’Espace libre (Montréal)
espacelibre.qc.ca

Crédit photo : Guillaume D. Cyr.