Ce court-métrage gai québécois qui parcourt le monde

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un fils d'André Gaumond : court-métrage gai poignant

Certes, Un fils n’était pas en compétition à Cannes. Sur la Côte d’Azur, André Gaumond a néanmoins participé au Short Film Corner, un événement annuel où des dizaines de réalisateurs de courts se rencontrent pour présenter leur œuvre et, bien sûr, pour parler affaires.

Un fils n’en est pas à son premier festival, bien au contraire. D’image + nation au Québec à Chéries-Chéris à Paris, la liste des événements cinématographiques de ce genre (GLBT ou non) s’allonge de semaine en semaine. Avec parfois des récompenses à la clé, comme en témoigne le Grand Jury Award récolté il y a quelques semaines au Festival du Film Awareness de Hollywood.

Michel Dorais comme conseiller

Le sujet, universel et « médiatique » depuis plusieurs mois, touche forcément. Frédéric (Jasmin St-Sauveur), en pleine adolescence, a fait une tentative de suicide. En face d’un psychiatre (Sébastien Huberdeau), l’adolescent gai explique son malaise et les événements qui l’ont amené à vouloir s’ôter la vie.

La découverte de l’homosexualité ainsi que la maltraitance parentale se trouvent au centre du propos d’André Gaumond. Ce dernier dit avoir eu l’idée de son court-métrage en tombant sur un article où « il était expliqué que les jeunes gais représentaient la catégorie où l’on retrouve le plus haut taux de suicide ». Le réalisateur, lui-même ouvertement gai, a fait appel au sociologue Michel Dorais, spécialiste de ces questions, pour étayer son propos.

S’il dit avoir vécu personnellement peu de problèmes avec ses parents concernant son homosexualité, André Gaumond se retrouve néanmoins dans les « revendications » de l’adolescent. « Son envie de travailler pour s’amuser, je l’avais moi aussi. J’ai été confronté à cette réalité d’un monde qui ne fonctionne pas », précise-t-il.

Provocation et abus

Son vécu lui a permis également d’évoquer le désir sexuel chez l’adolescent, l’un des thèmes forts et quelque peu gênants de ce court : s’il y a l’envie de provoquer, d’allumer, il n’y a pas forcément celle de passer à l’acte. « C’est là qu’il y a un abus sexuel de la part de l’adulte, même si on ne peut pas parler de viol, puisqu’il y eu provocation du jeune. Tout ça constitue un tabou. Je voulais faire quelque chose de réaliste. J’ai retravaillé beaucoup de le texte ».

Un fils a été tourné en deux jours à Montréal, en avril 2011, sans financement. « Je ne voulais pas attendre deux ans pour chercher l’argent et ensuite le faire, indique André Gaumond. Il est très dur de vendre un court-métrage. Au Québec, ce n’est pas rentable. Si je récupère les 15.000 $ que ça m’a coûté, je serai déjà très chanceux ».

Alors qu’il planche sur des longs métrages (dont une comédie musicale très gaie à Cuba) et sur un série sur le bonheur (il est souvent assistant-réalisateur à la télévision), André Gaumond espère désormais pouvoir montrer Un fils dans les écoles. Une version de deux minutes a déjà été créée pour l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), qui a décidé de mettre le mal-être des homosexuels au cœur de son action cette année.

Crédit photo : courtoisie.

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