Cannes et carré rouge : Xavier Dolan répond à Isabelle Maréchal

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Avec la répartie qu’on lui connaît et sa maîtrise éloquente du verbe, Xavier Dolan a rédigé un long billet dans lequel il explique son point de vue à madame Maréchal. Il critique le ton réducteur qu’elle adopte face au conflit, alors qu’elle affirme que le symbole du carré rouge en est un trop puissant pour la crise qui nous occupe et que du coup, le pauvre directeur du Festival de Cannes Thierry Frémaux, s’est retrouvé malgré lui dans une position délicate, lorsque Dolan lui suggère de mettre le carré rouge. «En Europe, le carré rouge fait aussi référence au drapeau rouge des communistes, emblème sanglant du peuple opprimé ! (…) La symbolique n’est pas légère. Mais cela n’a rien à voir avec ce qui se passe chez nous. Pas de quoi en faire tout un cinéma. Le pauvre patron du festival s’est retrouvé “avec une patate chaude” sur le veston » a-t-elle écrit.

Dans sa réponse, Xavier Dolan raille avec ironie la naïveté de la disciple de Quebecor : « oui, nous dupons des gens comme Thierry Frémaux, directeur artistique du Festival de Cannes et de l’Institut Lumière, directeur affilié de la World Cinema Foundation de Martin Scorsese, le pauvre patron du festival qui s’est “retrouvé avec «une patate chaude» sur le veston”, pour te citer. En effet, le pauvre Frémaux ne m’aurait posé aucune question avant d’épingler à son col ce symbole et de l’afficher à la presse internationale? Allons donc! »

Ne pas garder le silence

Il saisit l’occasion aussi pour faire un plaidoyer sincère sur cette accusation droitiste des artistes qui mordent la main qui les nourrit en expliquant qu’il est du devoir du créateur de dénoncer les injustices et que de profiter de subventions de l’État n’est pas un gage de candide reconnaissance silencieuse : « Ça ne m’empêchera jamais, ô grand jamais, de prendre la rue pour défendre une idée sous le prétexte d’être un peu trop riche pour la penser, la dire, la crier. Et si, à quarante quelques années passées, c’est ainsi que Maréchal conçoit le devoir politique et social, grand bien lui fasse : qu’elle reste dans son salon et qu’elle appelle les bœufs quand elle trouvera qu’on chante trop fort. Car comme aurait dit la chanson de Jacques Brel, “quand Isabelle dort, plus rien ne bouge.”

Vous pouvez lire le billet complet de Xavier Dolan incluant un lien vers l’article d’Isabelle Maréchal ici

Crédit photo: Étienne Ljóni Poisson.