Cameroun : une journée contre l’homosexualité

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Cameroun : une journée contre l’homosexualité

Alors que l’on célèbre cet été, un peu partout dans le monde, les fiertés GLBT, au Cameroun, on veut au contraire consacrer toute une journée pour mobiliser la population contre l’homosexualité. Le Rassemblement de la Jeunesse Camerounaise (RCJ) a en effet déclaré le 21 août « Journée mondiale contre l’homosexualité ». La date retenue fait référence au meurtre en 2006 dans des circonstances troubles d’un jeune homme, que le regroupement attribue à des homosexuels.

Le RCJ, qui revendique 365 associations sous son parapluie, est l’un des principaux mouvements de lutte contre l’avancée des droits GLBT dans ce pays. Il entend justifier l’organisation de cette journée « au vu de la loi de la République du Cameroun, de la sainte bible, de la nécessité de préserver l’espèce humaine, des atteintes graves faites à l’humanité, à nos traditions, à notre culture africaine en général et camerounaise en particulier, des dérives homosexuels constatées à travers le monde, de leur propension à tourner en bourreaux ceux qui condamnent cette dérive comportementale ».

« Le débat sur l’homosexualité est clos »

Mais le Président du RCJ, Sismondi Barlev Bidjocka, par ailleurs journaliste, s’est récemment montré encore plus violent sur le plateau de l’émission Recto/Verso organisée par la chaîne Vox Africa. Affirmant que « le débat sur l’homosexualité est clos » parce qu’il ne peut y avoir « d’issue favorable qui tienne pour l’homosexualité, il a ouvertement revendiqué son homophobie.

Il considère que l’homosexualité est une « identité criminelle, meurtrière » et même « un crime contre l’humanité » parce qu’elle viserait à « l’extinction humaine ». Quand face à lui, l’avocate Alice Nkom (présidente d’honneur de Fierté Montréal en 2011) avance sans se démonter la défense des droits de l’homme, il en parle comme « des excroissances perverses de la société occidentale », estimant qu’il faudrait alors défendre de la même manière le viol et le grand banditisme.

Dans un autre échange savoureux, l’avocate Alice Nkom rétorque à son interlocuteur que l’on a « le droit de s’envoyer en l’air comme on veut » lorsqu’il déclare que « la République ne doit pas légiférer parce que des gens veulent s’envoyer en l’air par ce canal-là ! »

La loi camerounaise punit les personnes convaincues ou soupçonnées d’avoir eu un rapport sexuel avec une personne du même sexe à une peine de prison de six mois à cinq ans, ainsi qu’à une amende de 20.000 à 200.000 francs CFA (38 à 380 dollars).

Crédit photo : christing-O-.