CABINET COUILLARD: LES LGBT AU PLACARD?

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En nommant son Cabinet, le premier ministre libéral Philippe Couillard a créé un flou sur la place accordée aux communautés LGBT dans les responsabilités ministérielles. Depuis quelques années, la question de la lutte à l’homophobie relève du ministère de la Justice. À ce ministère, c’est la députée de Gatineau Stéphanie Vallée qui agira comme nouvelle ministre. Elle s’est aussi vu confier le mandat de la Condition féminine. Question d’affinités, il tomberait sous le sens que la responsabilité de la lutte contre l’homophobie liée à la question plus générale de l’accès à l’égalité, relève de cette ministre. Le premier ministre a toutefois confié le mandat de la ‘diversité et de l’inclusion’ à la ministre de l’Immigration qui encore durant la campagne agissait comme porte-parole du PLQ en matière de droits LGBT. La diversité sexuelle fera-t-elle partie de la ‘diversité’ dont hérite la ministre Weil? À moins que la diversité sexuelle ne fasse pas partie de la diversité? Cela est tout à fait possible dans la logique du discours libéral. CQLGBT débatDans le débat sur la laïcité, les soi-disants ‘inclusifs’ partisans de la ‘laïcité ouverte’ comme le PLQ se sont distingués par leur propension à ne décliner la diversité que par l’origine ethnique et la religion, laissant l’orientation sexuelle bien cachée dans le placard. Quelle ministre héritera donc du dossier? Aucune mention dans le discours du premier ministre, ce qui témoigne de l’importance accordée à notre communauté. Sans surprise.
Je suis certainement de ceux qui croient que non seulement les libéraux n’ont jamais rien fait qui vaille pour les droits LGBT, mais que même pour leur principale contribution qui aura été la politique de lutte contre l’homophobie où ils se sont traînés les pieds pendant huit ans malgré l’appui unanime de tous les partis représentés à l’Assemblée, ils n’ont dégagé qu’un budget dérisoire de 1,4 million$ par année, avouant eux-mêmes d’emblée qu’ils ne répondaient qu’à 20% des besoins minimaux identifiés en 2009.
Comme ce parti recueille l’essentiel de ses appuis chez deux groupes de la population traditionnellement plus conservateurs et moins ouverts à la diversité sexuelle, les non-francophones et les personnes âgées, c’est sans surprise qu’on note cette position beaucoup plus frileuse face aux droits LGBT. On ne s’étonnera pas que ce parti représenté à l’Assemblée nationale depuis 1867 n’ait jamais compté un seul ou une seule députée appartenant ouvertement à la communauté LGBT. Et ce même si ce parti a compté plusieurs députés et ministres gais ou lesbiennes et a même probablement fourni au Québec son premier premier ministre homosexuel… dans le placard.
Enfin, il sera intéressant de constater comment la nouvelle ministre de la Justice, si elle hérite du dossier de la lutte contre l’homophobie, conciliera ce mandat ainsi que celui de la condition féminine avec celui qui lui a été confié de présenter une loi sur la neutralité religieuse de l’État dans une perspective de ‘laïcité ouverte’ aux religions sexistes et homophobes.

André Gagnon