C’est parti pour Pervers/Cité !

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Pervers/Cité 2011 Montréal

Êtremag. Qu’est-ce qui ne doit absolument pas être manqué pendant cette édition 2011 de Pervers/Cité ?

France. Difficile à dire, il y a quand même 26 événements (sourire). On peut éventuellement mettre en avant la journée du 13 août avec six ateliers, un salon du livre et une soirée pour lever des fonds afin d’acquérir un espace réservé à communauté queer. On aura des DJ de renom pour mettre l’ambiance.

Taylor. On pourrait aussi parler du MeowMix, le 7 août. Il s’agit d’une autre levée de fonds, cette fois pour le Projet 10 [organisme qui vient en aide aux jeunes GLBT, notamment par une ligne d’écoute et des rencontres, NDLR.]

Êtremag. Qui y a-t-il derrière ce mot «pervers» qui a aussi permis de faire connaître l’événement ?

F. Cela signifie que l’on parle ici de tout ce qui, de manière générale, est condamné comme sale, pas normal, amoral. J’ai moi aussi des valeurs, mais je me fais une autre idée de qui amoral ou non. Voilà pourquoi, par exemple, nous avons programmé un atelier sur les travailleuses du sexe animé par une prostituée elle-même. Bref, au final, il y a aura des choses crues que pour notre part, nous acceptons parfaitement.

Pervers/Cité 2011 Montréal

Êtremag. Comment vous situez-vous par rapport à un festival comme Divers/Cité ou Fierté Montréal ?

T. Avec Pervers/Cité, il y a l’idée de faire une « contre-fierté ». Contrairement à ce qui est dit, il manque une vraie diversité dans les autres événements. La réalité reste toute autre. La marche des fiertés existe dans le monde depuis près 40 ans : c’est devenu un outil touristique, ce que j’appelle un « événement pour spectateurs », où les commanditaires décident de tout. Avec Pervers/Cité, on veut que les gens participent vraiment aux programmes.

F. Divers/Cité et la fierté sont soutenus par la mairie de Montréal, l’un des principaux commanditaires est Viagra. Cela ne nous représente pas, même si, au risque de passer pour conformiste, je dois ajouter que si on critique le message de Divers/Cité (« nous aussi on veut être considérés comme normaux »), on profite aussi de leur travail en étant acceptés de manière moins choquante, plus facile.

Malgré tout, on trouve dans Fierté Montréal la volonté de célébrer les acquis d’une certaine partie de la communauté. Or, beaucoup de personnes restent victimes de persécutions, de harcèlement. Au lieu de les mettre en marge, il s’agit ici de les replacer au centre.

Êtremag. Avec cette cinquième édition, avez-vous l’impression que ce but est atteint ?

F. Oui, bien que, au sein même de Pervers/Cité, il nous reste encore du travail à accomplir pour y parvenir totalement. Je pense par exemple aux immigrés ou à ceux qui sont «racialisés». On ne se rend pas compte combien le racisme joue un grand rôle dans leur expérience. On en parle mais c’est encore limité. C’est d’ailleurs pour cela qu’on organise un barbecue où il n’y aura que des queers de couleur. Ces événements non mixtes sont souvent discutés, mais au final, je pense que c’est bien d’avoir ce genre d’événements. Les gens qui y particiepent n’ont pas besoin de s’expliquer aux autres, ce qu’ils doivent faire, d’habitude, parce qu’ils sont « différents ».

Pour plus de renseignements : perverscite.org

Crédits photos : Mike Hawrysh et document remis.