Image + Nation. Ce soir : James Franco et Allen Ginsberg

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HowlTel l’artiste perdu qu’il était, Ginsberg avait voulu exprimer dans son poème Howl ses amours déçus et son sentiment de désillusion : «J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus, se traînant à l’aube dans les rues nègres à la recherche d’une furieuse piqûre».
Écrit à une époque toujours bien ancrée dans la religion et les valeurs familiales, le poème a été interdit pour obscénité. Le recueil a évidemment valu un procès à Ginbsberg ainsi qu’à son éditeur, un an après sa parution. Œuvre phare de la génération beatnik, Howl est l’un des pivots de la contre-culture américaine de la fin des années 1950.

Œuvre audacieuse et éclectique

Le film éponyme de Epstein et Friedman, déjà présenté au festival Sundance et au festival de Berlin, retrace la vie de l’œuvre et du poète. En voulant faire d’un poème le centre du récit, les réalisateurs ont tenté un pari extrêmement risqué. Ils ont voulu au départ faire de Howl un documentaire. Après réflexion, ils ont décidé de tenter l’expérience de la fiction, dans une forme éclatée pour brosser le portrait d’Allen Ginsberg, de son œuvre à travers son poème.
Entre lectures de ses textes en noir et blanc, interview imaginaire, reconstitution du procès et extraits de poème en images animées, les scènes se chevauchent et les mots explosent. L’œuvre s’annonce audacieuse et éclectique, à l’image de son sujet. C’est l’acteur James Franco, qu’on a pu notamment voir dans Milk – il y jouait l’amant de Sean Penn – qui y tient le premier rôle.
Rob Epstein et Jeffrey Friedman abordent Howl avec des thèmes très actuels sur les limites de la liberté d’expression. Au centre du procès reconstitué dans le film, le spectateur assistera à une interrogation sur la définition de l’art. Fiction, poésie et réflexion se mêlent : il ne s’agit pas juste d’une biographie, mais d’une méditation sincère.