Association LGBT Boréale : renouveau régional

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Association LGBT Boréale Carl Gaudreault

Être. Qu’est-ce qui vous a décidé à aller de l’avant dans la création de ce groupe ?

Carl Gaudreault. Il y avait un manque flagrant de ressources GLBT dans la région. Plusieurs personnes avaient exprimé le besoin d’avoir une telle association. Au début des années 2000, j’étais très impliqué auprès de l’organisme GRIS Saguenay Lac-Saint-Jean qui malheureusement a disparu, faute de ressources et de bénévoles. Suite au démantèlement du groupe, les médias ont continué à me contacter quand il était question d’un enjeu GLBT, même se je n’étais plus associé à aucun organisme. J’ai habité quelques années à Montréal et à mon retour, j’ai réalisé à quel point la région avait besoin d’une source fiable et professionnelle. Avec Marie-Pier Lamontagne, une amie hétérosexuelle, nous sommes les instigateurs du mouvement mais d’autres personnes ont ensuite manifesté l’intérêt de s’impliquer. Nous sommes neuf au sein du comité de fondation.

Être. Quelle est la mission de votre organisme ?

C.G. Nous nous sommes fixés deux objectifs. Le premier est la démystification de la cause GLBT à l’école et dans le milieu professionnel. La seconde est de créer un réseautage pour la communauté dans la région. Il y a très peu d’organismes sociaux ou culturels dans la région et notre souhait est de devenir un point central. Notre but n’est surtout pas de faire de la politique puisque notre cause est déjà très bien défendue. Nous allons plutôt faire appel à la communauté afin qu’elle suggère des actions qui pourraient nous aider à accomplir ces deux missions.

Être.  La communauté est-elle réceptive à votre projet ?

C.G. Au départ, elle était un peu stoïque. Les gens semblaient ne pas savoir quoi en penser. Plusieurs avaient tendance à croire que nous allions faire une parade et revendiquer nos droits. Plusieurs ne comprenaient pas en quoi un tel groupe était utile puisqu’ils ont toujours très bien vécu leur homosexualité dans la région. J’espère que le lancement aura su les convaincre du contraire.

Être. La région n’a pas toujours bonne réputation en termes d’acceptation…

C.G. J’ai souvent entendu dire que le Saguenay Lac-Saint-Jean était une région homophobe, ce qui est complètement faux. Nous avons quand même deux députés ouvertement homosexuels [sur le fédéral Dany Morin, sur le plan national Sylvain Gaudreault, ndlr.] Personnellement, les actes homophobes dont j’ai été victime se sont produits principalement dans le Village gai à Montréal. J’ai l’impression que dans les villes où il n’y a pas de lieu de rassemblement gai, l’homophobie reste autant présente mais de manière plus discrète. Elle n’est cependant pas suffisamment dénoncée. C’est ici qu’on intervient.

Être. Comptez-vous collaborer avec d’autres associations gaies dans la région ?

C.G. La seule connue est l’Association des Gais et Lesbiennes (AGL), mais ils se font très discrets. Je sais qu’ils sont toujours actifs mais pas dans un objectif de démystification comme nous. Il faut dire que les membres ont environ entre 40 et 60 ans alors que la communauté gaie est très variée dans la région. Au K-Mé-Léon, par exemple, la moyenne d’âge est de 25 ans. Évidemment, nous allons tenter de travailler conjointement avec eux. Nous avons aussi sollicité des entreprises qui ont accepté de nous appuyer dès le début. Jusqu’à maintenant, ça augure très bien pour l’avenir de notre organisme.

Crédit photo : document remis