Adishatz/Adieu à l’Usine C : Madonna, la vierge et le christ noir

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Jonathan Capdevielle Adishatz/Adieu Usine C

Le magazine français Les Inrockuptibles a dit de lui qu’il avait tous les talents et a fait preuve du même enthousiasme pour son spectacle solo. Les Français connaissent bien Jonathan Capdevielle et ses collaborations avec la metteure en scène Gisèle Vienne, son alliée depuis plusieurs années déjà. Au Québec, on a fait sa connaissance en 2010 avec Jerk, pièce présentée au Théâtre de la Chapelle. L’occasion pour la métropole de découvrir son grand talent d’acteur… et de marionnettiste.

Cette fois, il vient nous présenter son propre spectacle. Jonathan Capdevielle y décrit son parcours, de l’enfance à aujourd’hui, qu’il décrit comme une autofiction : « C’est un portrait chanté et parlé décrivant ma construction d’artiste dans un environnement rural. Le spectateur suit un personnage qui se révèle par différents moyens : les images, le chant, le mouvement et le travestissement. »

L’influence de Lourdes

« L’homosexualité n’est pas mise de l’avant dans le spectacle, elle est au même niveau que tout le reste. Elle fait partie intégrante de mon histoire », dit encore le jeune homme. Une histoire fortement influencée par l’environnement catholique de la ville de Lourdes, bien connue pour sa grotte où l’on a signalé 18 apparitions de la Vierge devant la jeune Bernadette Soubirous. « J’étais fasciné par le mysticisme religieux. L’arrivée de Madonna et de sa chanson Like A Prayer a contribué à mon intérêt pour la religion. Je suis tombé amoureux du christ noir du vidéoclip. Il y avait là-dedans un érotisme sous-jacent très excitant ! »

Accompagné par l’ensemble vocal de l’Université de Montpellier, Adishatz/Adieu propose un voyage ludique dans l’univers éclaté d’un artiste inventif. Ce carnet intime est aussi l’occasion pour le Français de remettre en question la notion de mémoire. « Je parle d’autofiction, parce que là où mes souvenirs ont laissé des trous, j’ai choisi d’inventer. Je suis tout de même resté fidèle à leur esprit, je n’ai pas créé de toutes pièces des épisodes de mon enfance. »

Celui qui a connu Montréal durant le froid polaire est très excité à l’idée de redécouvrir la ville au printemps. « Quand je suis venu en 2010, je sentais une sorte d’hibernation. Comme je tournais un spectacle solo, j’ai eu le sentiment que la température m’isolait encore plus. Je suis tout de même sorti dans le Village, chez Mado ! »

Adishatz/Adieu
Du 11 au 13 avril

À l’Usine C
1345, av. Lalonde (Montréal)
(514) 521.4198
usine-c.com

Crédit photo : Alain Monot.