2011 : Une nouvelle décennie et nos 30 ans

Par  |  Aucun commentaire

editorg

À travers les pages de RG, on peut suivre pas à pas notre communauté dans son affirmation dans l’espace public au cours des années 1980, se constituer en force de changement social dans les années 1990, puis réaliser  des avancées majeures dans les années 2000, de l’union civile à la reconnaissance de la problématique sociale qu’est l’homophobie. Tout au long de l’année, nous fouillerons dans nos archives pour retracer avec vous ce parcours. Dans ce numéro, nous aborderons l’émergence de ce qu’on appelait dans nos pages aux débuts des années 1980 «le nouveau Village de l’Est», ce qui allait devenir ensuite tout simplement le Village.

Une histoire liée à celle de la communauté

Ce magazine a lui aussi une histoire qui s’inscrit dans l’émergence de notre communauté. Il est lui-même né après une décennie de sortie de l’ombre avec la décriminalisation de l’homosexualité au Canada en 1969, une décennie, les années 1970, de pionniers où tout était une première : premiers organismes, premières manifestations publiques pour nos droits, premiers établissements gais légaux, premières marches des fiertés, premières œuvres mettant l’homosexualité ouvertement dans l’espace public, etc.
Né d’abord comme un journal de «Rencontres Gaies», d’où l’acronyme RG, notre magazine a bien rapidement repris le flambeau du journalisme gai après la disparition du Berdache, revue communautaire lancée en 1978 par la défunte Association pour les droits des gais du Québec (ADGQ). Le Berdache a été une véritable école du journalisme gai au Québec, un lieu où s’est créée une tradition qui s’est développée jusqu’à nos jours et à laquelle RG a puissamment contribué.
Alors que la disparition du Berdache marquait le développement d’une expression davantage commerciale des publications gaies, RG, tout en étant une entreprise privée, a toujours maintenu le cap, sous la direction de son fondateur Alain Bouchard, vers un journalisme professionnel, répondant aux normes éthiques du journalisme, sans jamais sombrer dans la superficialité et la flagornerie d’une certaine presse commerciale. Pendant plus d’une décennie, RG a été la seule revue à porter ici au Québec ce flambeau jusqu’à ce que les années 1990 voient un nouveau foisonnement et une nouvelle diversification de la presse gaie.

[DDET Lire la suite…]

Des projets plein la tête

La fin des années 2000 a elle marqué une nouvelle étape où le regroupement de RG et du Guide gai du Québec (publications des Éditions HMX) avec les magazines Être et 2B (du Groupe Ser) a permis de créer un nouveau groupe de presse diversifié, le Groupe HMX. Ce regroupement des forces nous permet aujourd’hui de consolider la tradition du journalisme gai au Québec et ceci se traduit notamment par le lancement cet automne d’un nouveau site web commun, mis à jour quotidiennement. Un site web, plus qu’une vitrine du magazine, qui devient un média en soi, www.rgmag.com.
Par ailleurs, en ce début de nouvelle année, pour souligner nos 30 ans, nous lançons le concours RGénération. Il est ouvert à tous les hommes gais qui sont nés avec RG ou après, qui ont atteint leur majorité, comme nous, après 1999, sur douze années comme les douze mois qui nous séparent de notre 30e anniversaire.
Nous ouvrons aussi nos pages à nos collègues de la revue Tels Quels à Bruxelles qui, elle aussi, célèbrera, en 2011, ses 30 ans. Nos deux nations, de chaque côté de l’Atlantique, partagent beaucoup malgré leurs différences et leur éloignement, au-delà de la langue qui nous unit. Il n’est pas surprenant qu’elles se soient en tête du peloton en matière de droits des minorités sexuelles. Souhaitons que cette collaboration nous apprenne à mieux nous connaître sur cette petite planète.
Chers lecteurs et lectrices, souhaitons que cette nouvelle décennie qui s’amorce soit synonyme, pour vous et pour toute notre communauté GLBT, d’épanouissement. Souhaitons-nous aussi de compléter l’égalité juridique pour Tous et TouTes (sans oublier les T de cet acronyme) et d’avancer solidement sur le chemin, parsemé d’embuches, de l’égalité sociale.

[/DDET]