Festival Edgy Women: engagement, audace et indiscipline

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Alice Sprinkle Edgy women

Situé au troisième étage de l’édifice Belgo, le Studio 303 est reconnu pour être le lieu de rencontre par excellence des artistes, danseurs et chorégraphes s’intéressant au mélange des genres et à la création expérimentale libre de contraintes et ce, depuis plus de 20 ans.

C’est là qu’en 1994 a été présenté pour la première fois un événement intitulé Women From The Edge. À l’époque, le titre visait à faire décrire un programme partagé entre des chorégraphes de New York et de Montréal. Miriam Ginestier, directrice générale et artistique du Studio 303 et fondatrice du festival, était alors loin de penser que cette initiative prendrait l’ampleur qu’on lui connaît aujourd’hui.

De deux jours à trois semaines

«Au début, Edgy était un événement thématique parmi d’autres. Par la suite, c’est devenu récurrent et très populaire, avec de plus en plus d’envergure et de lieux partenaires », se rappelle-t-elle, ajoutant que le festival a survécu aussi longtemps grâce à l’appétit du public pour ce genre d’événement.

Au cours de la décennie 2000, le succès grandissant d’Edgy Women a ouvert la voie à de nouveaux défis pour Miriam Ginestier et son équipe. Lentement, la programmation a dépassé les frontières du Studio 303 et la durée du festival s’est allongée, passant de deux jours à trois semaines.

Par ailleurs, «l’identité de l’évènement est devenue de plus en plus précise, se penchant surtout sur la performance “indisciplinée” et engagée», raconte l’organisatrice, également responsable de la direction artistique du festival. C’est ainsi qu’Edgy Women est devenu une véritable fête féministe, accueillant chaque année des milliers de curieux.

Performance professionnelle, culture queer et féminisme

Grâce à la diversité de sa programmation, l’événement explore autant la complexité du féminisme à travers des questions reliées au genre, à l’identité et aux rapports de pouvoir que des thèmes plus universels comme l’amour ou l’échec. Ce qui définit avant tout le festival, c’est le fait de privilégier «la perspective féminine », indique Miriam Ginestier. Cette dernière élabore la programmation d’Edgy Women grâce à la convergence de ses propres intérêts, soit la performance professionnelle, la culture queer et… le féminisme.

Ainsi, le Studio 303 présente Edgy Women dans le but de stimuler la réflexion critique des spectateurs tout en mettant de l’avant le travail de femmes qui s’illustrent hors des cadres traditionnels artistiques, que ce soit au niveau local ou international. Parmi les présentations les plus courues de l’édition 2011, la nouvelle création de Nathalie Claude et Danièle Lecourtois, prévue au Théâtre Mainline du 30 mars au 2 avril, promet d’être complètement déjantée.

De son côté, le programme de Tangente permet aux spectateurs de découvrir des artistes internationales telles qu’Anti-Cool en provenance du Japon et Narcissister de Brooklyn. Enfin, les néophytes pourront apprécier la pièce d’Annie Sprinkle (photo), ancienne actrice porno et «conteuse qui déborde de charme», selon Miriam Ginestier qui qualifie cette pièce comme étant la plus «accessible» du festival.

Les artistes présentées à Edgy Women font rarement dans la dentelle. C’est donc un festival à surveiller pour tous celles et ceux qui souhaitent assister à des performances hors du commun, hors des sentiers battus… Esprits puritains s’abstenir.

Festival International Edgy Women
Du 19 mars au 2 avril
Pour plus d’informations : edgywomen.ca

Crédits photo: document remis.